Les céréales d'automne, est-ce pour vous?

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Amélie Martin, agronome
 

On voit de plus en plus de céréales implantées à l’automne. Plusieurs avantages leurs sont attribués :

  • Un meilleur rendement en grain que les céréales de printemps (système racinaire plus important, meilleure disponibilité de l’eau, plus de tallage)

  • La couverture du sol à l’automne et l’hiver

  • Un meilleur rendement en paille

  • Un contrôle supérieur des mauvaises herbes qui évite parfois le recours aux herbicides

  • Moins de risque de maladies puisque la floraison se fait plus tôt, avant les périodes de grandes chaleurs

  • Une récolte plus tôt qui permet l’implantation d’engrais vert

  • Une meilleure répartition des travaux

  • Amélioration de la santé globale des sols par l’allongement de la saison de culture

  • Une meilleure rentabilité des cultures

  • Possibilité de récolter la plante en vert à l’épiaison en cas de manque de fourrage.

 

Le principal risque demeure la survie à l’hiver de la culture, fortement influencée par les conditions climatiques. 

Afin de mettre toutes les chances de votre côté, voici les facteurs de réussite :

Les céréales d’automne nécessitent une période d’exposition à de basses températures pour passer du stade végétatif au stade reproductif (vernalisation). Elles doivent cependant acquérir une tolérance au froid pour survivre. Elles y arrivent normalement lorsqu’elles ont atteint le stade 3-4 feuilles jusqu’aux premières talles avant l’arrivée des grands froids. Bien qu’elles se soient acclimatées au froid en début d’hiver, des réchauffements de températures durant l’hiver (souvent à la fin de l’hiver) viennent altérer cette acclimatation au froid. 

Situations critiques pour les céréales d’automne :

  • Des cycles gel/dégel (froid extrêmes après redoux) 

  • De la pluie en hiver

  • De la glace

  • Une faible couverture de neige (un minimum de 7 cm est requis)

  • Des zones avec cuvettes ou faible dénivelé

Comment aider la survie à l’hiver de vos céréales d’automne ?

  • Le choix de l’espèce : les céréales d’automne se classe comme suit pour leur rusticité à l’hiver : Seigle > Triticale > Blé 

  • Le choix d’un cultivar adapté à l’hiver

  • Le choix d’une parcelle en santé, qui s’égoutte bien, qui garde habituellement un peu de neige en surface, mais pas trop (attention aux abords de boisés)

Une évaluation de la survie à l’hiver devrait être faite dès que possible au printemps et les mesures devront être prises rapidement pour limiter les pertes de rendement de la parcelle. On vise un taux de survie minimal de 65%.

D’autres facteurs de réussites :

  • La date de semis : dans notre région on vise autour du 15 septembre, même si certains réussissent bien jusqu’au 1eroctobre. 

  • Le semis : un bon contact sol-semence, un bon taux (365 à 440 grains/m2), une bonne qualité de semences et un bon niveau d’humidité pour favoriser la germination

  • La fertilisation : un précédent cultural de pois, soya ou prairies de légumineuse sera valorisé parfaitement par la céréale d’automne, des engrais organiques ou minéraux, à l’implantation ou au tallage au printemps suivant, selon les recommandations du conseiller. 

  • Un bon désherbage : les céréales d’automne sont très compétitives sur les mauvaises herbes, cependant, les adventices doivent avoir été contrôlées avant l’implantation (pas brûlage chimique ou travail de sol)

 

Vous souhaitez semer des céréales d’automne, vous aimeriez avoir un suivi de la survie de vos implantations de l’automne dernier ? N’hésitez pas à en parler à votre conseiller en agroenvironnement.